13/12/2009

Les voiliers de commerce à courte distance.

Caboteurs et borneurs ont été, pendant des siècles, des moyens de transport indispensables à l'économie, à des époques où les transports terrestre étaient lents et peu sûrs.

Les caboteurs étaient plus petits que les longs courriers. Le mot vient de cap (au sens de pointe de terre) : ils allaient de cap en cap. En Europe, les plus grands étaient capables de naviguer de la Norvège jusqu'au Sénégal, et dans toute la Méditerranée. Leurs aptitudes marines leur permettent aujourd'hui de réaliser des navigations très lointaines.
Ces caboteurs à voiles mesuraient entre 20 et 50 m de long et étaient extrêmement nombreux jusqu'en 1939. Ils ont ensuite été remplacés par des caboteurs à moteur mais le développement des transports terrestres (chemins de fer, et surtout transports routiers) leur a fait beaucoup de concurrence.
Construits souvent en acier, mais parfois en bois, ils portaient parfois 3 mâts : rarement trois-mâts barque (Kaskelot, gréé aujourd'hui en trois-mâts barque, était à l'origine un grand ketch) , le plus souvent 3 mâts-goélettes ou goélette à 3 mâts comme Oosterschelde.


Le plus souvent ils avaient 2 mâts : bricks (par exemple Astrid) ; bricks-goélettes (souvent appelés brigantins) comme Eye-of-the-Wind ; goélettes comme Anna Rogde, Zuiderzee ou Undine ;































ketchs, comme Bessie-Ellen, Solvang ou Anna-Rosa.



Les borneurs étaient des petits caboteurs dont le rayon d'action était plus réduit (la limite est évidemment floue entre les 2 catégories). Ils allaient de port en port  et transportaient toutes sortes de marchandises pas trop périssables : matériaux de construction, légumes et fruits, poisson salé, sel, charbon, rogue (œufs de morue)provenant de Norvège et destinée à appâter les poissons. Certains, équipés de viviers, transportaient des poissons vivants, surtout dans les pays nordiques (Pays-bas, Allemagne, Danemark, Mer Baltique...)
Les plus grands borneurs étaient construits en acier, mais la plupart étaient en bois.
Encore plus nombreux que les caboteurs, indispensables quand les voies ferrées et le réseau routier était peu développés, ils n'ont pas résisté à la concurrence des trains et surtout des camions : leurs successeurs à moteur ont complètement disparu, à l'exception notable des services entre îles et continent. La Fée de l'Aulne, par exemple, a navigué jusqu'en 2000 avec des voiles (qui étaient rarement utilisées, à vrai dire...).




Parmi les borneurs, on peut citer :
- Les très nombreux voiliers néerlandais à fond plat et dérives latérales ; ils font la transition entre péniches fluviales et navires de mer, naviguant le plus souvent sur des canaux et des mers très abritées (lac d'Ijsell, Wadensee). Par exemple, ci-dessous, Vertrouwen.


- Les galeos de sel portugais, tels que Albarquel et O'Abandonado, ravitaillaient en sel les ports morutiers.



- Les barges de Tamise, au gréement original (voile à livarde) ; par exemple Victor, ci-dessous.

- Les gabares bretonnes, comme Fleur de Lampaul, Notre-Dame de Rumengol ou André-Yvette, les plus grandes, gréés en dundées ; Dah'l Mad plus petite, gréée en cotre ; Ces gabares étaient souvent des sabliers, draguant le sable pour l'agriculture et la construction, et aussi pour approfondir les chenaux de navigation. Elles ont joué un rôle dans la reconstruction de Brest après la guerre. Elles servaient aussi au transport du goémon, des fruits et légumes, etc.



Des bateaux encore plus petits assuraient la navette entre 2 côtés d'une rade ou d'un estuaire, comme par exemple les chaloupes de la rade de Brest. Marie-Claudine, qui ne mesure que 9,6 m de long, est une réplique de chaloupe qui permettaient le transport des fruits (fraises) et des légumes que les paysans de Plougastel allaient vendre sur les marchés de Brest.


- Le cotre Sainte-Jeanne, d'Erquy, est la reconstitution d'un caboteur qui traversait la Manche.


- Le lougre Corentin est la réplique d'un bateau qui commerçait au départ de Quimper, souvent vers Bordeaux (d'où il rapportait du vin).


- La goélette du Cotentin Neire Maôve est la réplique d'un bateau qui assurait la liaison entre les îles anglo-normandes au Cotentin.



Les caboteurs et les borneurs pouvaient appartenir à un armateur, mais le patron (c'est-à dire le commandant et pilote du bateau, comme sur un bateau de pêche) était assez souvent son propre armateur. L'équipage n'était composé que de quelques hommes.

- Les chasse-marée étaient, au 19ème siècle et jusqu'à la seconde guerre mondiale, des bateaux de charge qui allaient chercher en mer le poisson, notamment les sardines pêchés par des petits bateaux (chaloupes), à capacité réduite. Les chaloupes pouvaient ainsi continuer à pêcher, et le poisson arrivait très frais à la conserverie. Ces chasse-marées appartenaient souvent aux propriétaires des conserveries, qui possédaient aussi les chaloupes. Ils avaient un gréement voisin des lougres. La Belle Angèle est une réplique de chasse-marée du sud-Finistère, dont le port d'attache est Pont-Aven.


   - Les tartanes, felouques, boutres, etc... étaient des caboteurs à voiles latines, typiques de la Méditerranée et du Moyen-Orient. La Flâneuse, de Marseille, est une réplique de tartane.

   - Les barques du lac Léman étaient des bateaux de charge de ce lac, à 2 mâts et à voiles latines, pouvant atteindre 30 m de long. Leur fonction était de transporter les pierres de construction, extraites de carrières situées à l'est du lac (vers Saint-Gingolph), vers les villes en expansion au début du 20 ème siècle : Genève, Lausanne, Évian.
   La Savoie est une réplique de grande barque, la Vaudoise une barque moyenne (ou brick ; ne pas confondre avec les bricks maritimes, à voiles carrées) et l'Aurore une réplique de petite barque (10 m de long).



Les jonques d'Extrême-Orient (Chine, Viet-Nâm, Japon) sont des bateaux de taille moyenne, à 2 ou 3 mâts et à l'arrière très relevé (en "château"). Leurs voiles sont portées par plusieurs lattes horizontales en bambou, qui facilitent la réduction de voilure. Elles servent au commerce ou à la pêche. 
 

2 commentaires:

  1. Je me suis retrouvée sur votre site en recherchant des images de jonques japonaises anciennes. Je n'ai pas tout-à-fait trouvé ce que je cherchais mais ai été séduite par la qualité de ce que vous y présentez, des explications aux descriptifs, en passant par les images. J'aurai grand plaisir à vous revisiter.

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  2. et vous savez il y avait même des caboteurs en méditerranée, avec de belles voiles latines
    sans rancune les breiz

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