13/12/2009

Les voiliers-école


De nombreux voiliers ont été conçus dès le départ comme voiliers-école.
Au dix-neuvième siècle, l'apprentissage du métier se faisait "sur le tas" et commençait par la difficile condition de mousse. Mais l'évolution des conditions sociales s'est traduite, sur mer comme sur terre, par la nécessité d'avoir des gens compétents et instruits pour une meilleure efficacité et éviter les pertes humaines et matérielles.
La plupart des grands voiliers-école actuels ont été conçus comme tels. Souvent, il s'agit de navires militaires, qui représentent leur pays à l'étranger. Mais il peuvent aussi servir à une marine marchande, ou appartenir à une fondation, souvent affiliée à la STA (Sail Training Association).
Beaucoup de pays maritimes possèdent au moins un grand trois-mâts ou un quatre-mâts conçu dans ce but entre les deux guerres mondiales : la Norvège ( Statsraad Lehmkuhl, Christian Radich, Sorlandet) ; le Danemark (Danmark et Georg Stage) ; l'Italie (Amerigo Vespucci) ; le Japon (Nippon Maru , Kaïwo Maru) ; L'Argentine (Libertad) ; l'Espagne (Juan Sebastian de ElCano) ; le Chili (Esmeralda) ; la Belgique (Mercator) ; l'Indonésie (Dewarucci).
Après la première guerre mondiale, les Allemands ont contourné l'interdiction d'avoir une marine de guerre en formant leurs marins sur des voiliers, présenté comme des navires marchands. Après la deuxième guerre, en 1945, les bateaux rescapés ont été saisis et remis à d'autres pays. Certains naviguent encore : le Sagres au Portugal, l'Eagle aux USA par exemple.


La France a aussi récupéré un de ces navires, mais l'a laissé pendant longtemps se détériorer. La ville de Dunkerque l'a racheté et l'a restauré : c'est la Duchesse Anne (ancien Grossherzogin Elizabeth). Hélas, le remettre en état de naviguer reviendrait trop cher, et ce beau trois-mâts, le plus grand que nous ayons en France, restera musée flottant.



La marine nationale française possède 3 voiliers-école conçus dans ce but entre les 2 guerres, de taille plus modeste : les goélettes Étoile et Belle-Poule, le dundée Mutin.



Les Suédois possèdent également 2 goélettes jumelles : Gladan et Falken.

D'autres voiliers-école sont des voiliers de commerce ou de pêche transformés, comme le Sedov et le Kruzenshtern en Russie (anciens cargos cap-horniers allemands), le Belem en France, le Shabab Oman au sultanat d'Oman, le Palinuro italien, Capitan Miranda en Uruguay, Roald Amundsen et Alexander Von Humboldt en Allemagne

Après la 2ème guerre mondiale, quelques pays ont repris la construction de voiliers-écoles à gréement carré : l'Allemagne, avec le Gorch Fock en 1958 ; l'Espagne en a construit plusieurs, pour des pays d'Amérique latine (Guayas pour l'Équateur, Gloria pour la Colombie, Simon Bolivar pour le Vénézuela, Cuauthemoc pour le Mexique). Les Polonais, de leur côté, ont construit plusieurs grands voiliers école pour eux (Dar Mlodziedzy, Iskra, Pogoria), pour l'Union Soviétique (naviguant aujourd'hui sous pavillon russe, comme le Mir, ou Ukrainien comme le Kherzones) ainsi que pour la Bulgarie (Kaliakra).


Les Hollandais ont également construit le Cisne Branco pour la marine brésilienne ; c'est le frère jumeau du navire de croisière Stad Amsterdam. Le Japon a également construit 2 remplaçants à ses 2 quatre-mâts, quasiment identiques. La Grande-Bretagne a lancé 2 bricks (Prince Williams en Écosse et Stavros Niarchos en Angleterre), pour remplacer les goélettes à 3 mâts Malcolm Miller et Winston Churchill ; on peut citer aussi les 2 trois-mâts anglais adaptés aux handicapés : Lord Nelson et Tenacious ; le trois-mâts Tarangini, de la Marine indienne...
Actuellement, il est question de faire construire, à Saint-Nazaire, 2 grands trois-mâts pour la Marine Nationale française (projet Euroclippers). Après le projet avorté de construction d'une réplique du cinq-mâts France, celui-ci verra-t-il le jour ?

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