12/12/2009

Les voiliers-pilotes et les bateaux de servitude


Ces bateaux avaient pour rôle de transporter le pilote (c'est à dire un marin spécialiste des accès à un port, connaissant bien les fonds et les courants) vers le navire qu'il doit guider. Ils allaient également le chercher après l'opération de pilotage.
Ils étaient souvent conçus pour être maniés par un seul homme : L'équipage était souvent composé d'un patron (chargé de ramener le voilier au port, mais souvent pilote lui-même, en alternance) et d'un, ou de plusieurs pilotes (chacun d'entre eux prenant alors un navire en charge). En Europe, les plus grands de ces bateaux pouvaient aller chercher les navires très loin en mer, notamment à l'entrée de la Manche. Ils devaient donc être très marins, et aussi très rapides (les pilotes se faisant concurrence pour arriver le premier) : ces voiliers avaient des allures de yachts.

Il a existé des grandes goélettes-pilotes, notamment aux USA. Prenant plusieurs pilotes à la fois, elles étaient difficiles à manœuvrer en équipage réduit. En général, on leur a préféré des cotres, dont la longueur allait de 10 à 18 m.

On peut citer les pilotes du Havre ; Marie-Fernand (toujours havrais) et Jolie Brise (actuellement sous pavillon britannique) sont régulièrement restaurés et naviguent encore fort bien.
















Ceux de Bristol allaient chercher les navires dans le Bristol Channel et jusqu'à l'entrée de la Manche : Mascotte, le plus grand ( 18 m) date de 1904, Peggy de 1903 ; Marian et Marguerite datent de la fin du 19 ème siècle ; Madcap, construit en 1875.
















Ceux des îles Scilly , guidaient les navires dans les parages fort difficiles de la pointe sud-ouest de l'Angleterre. De nombreuses et belles répliques naviguent aujourd'hui : Annabel J, Agnès, Hesper, Lizzie-May, Ève of St-Maves, etc) .


Charmian
est un joli petit cotre construit à Poole en 1914 ; la photo le montre en régate, avec toutes ses voiles, et même un peu plus...



Jeune Ariane est une réplique de cotre pilote, construite à Granville en 1977.

Déhel est une barque chalutière de Dives qui a repris le nom d'un ancien pilote de Caen-Ouistreham, auquel il ressemble.
l'original de Pauline servait à l'occasion de pilote au petit port morutier de Dahouët, mais c'était un bateau polyvalent.




















 
Leier Eusa est un petit cotre de 8 m, réplique d'un bateau utilisé dans les dangereux parages d'Ouessant (notamment pour l'accès à la rade de Brest) au 18 ème siècle.

On peut encore citer Gullmarn, ancien cotre pilote d'un fjord suédois du même nom (au nord de Goteborg) ; lancé en 1907, il est actuellement basé en Bretagne.

De nos jours, étant donné la taille et le tirant d'eau des navires modernes, le pilote est plus indispensable que jamais ; mais il ne se déplace plus en voilier, sauf s'il pratique aussi la plaisance : les voiliers ci-dessus ont été remplacés par des pilotines à moteur, très rapides et sûres, qui ressemblent un peu aux canots de sauvetage.


Les bateaux de servitude.

Après avoir été guidés par le pilote, les navires étaient pris en charge par les lamaneurs (qui aident à manoeuvrer les aussières) et les remorqueurs. Ces bateaux n'ont jamais été des voiliers ; autrefois, les manœuvres étaient assurées par des canots à rames ou depuis la terre ; puis les remorqueurs ont été parmi les premiers bateaux a être équipés d emachines à vapeur, dans la première moitié du 18 ème siècle.
Mais plusieurs anciens remorqueurs ont été transformés en voiliers ; par exemple les goélettes Jacob Meindert et J R Tolkien.






















Les bateaux-feux n'ont jamais été des voiliers non plus. Mais la finesse de leurs carènes, devant résister à des vents violents et à des mers déchaînées, a incité leur reconversion en grands voiliers ; reconversions réussies, comme celle d'Alexander Von Humbolt et celle d'Europa. Ci-dessous, les photos de ces 2 navires :














Pour mieux voir les modifications, voici une photo de bateau-feu comparable, conservé sous son état initial ; ce navire est visitable à Den Helder, tout au nord de la Hollande. (il y en a d'autres, à Douarnenez et à Dunkerque par exemple).



Les baliseurs avaient pour fonction de poser et de remplacer les bouées de balisage, d'entretenir leurs systèmes lumineux et de réparer les balises en maçonnerie ou en fer ; il en reste un bel exemplaire à Noirmoutier, le Martroger.



2 commentaires:

  1. il y à certes eu un bateau pilote connu sous le non de Dehel construit à honfleur mais il à coulé et celui en photo dans votre site est un crevettier construit à honfleur qui à repris le nom de l'ancien pilote mais soyez perspicace, se n'est qu'un vau normand qui n' a pas sa place parmi tout ces pilotes.
    Par contre si vous cherchez un crevettier honfleuroi de 1926 ayant fait 20 ans de pilotage à wistreham il se nomait la mascotte et actuellement l'oiseau bleu, il fait la même longueur hors tout que le dehel pour 1m de moins au maître bau....

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    1. A vous, correspondant qui vous cachez derrière l'anonymat pour dénigrer mon article :
      Je vous signale que je décris Déhel comme une barque chalutière construit sur les plans d'un pilote. C'est ainsi qu'il est décrit à l'inventaire des monuments historiques. Vous pouvez aussi considérer cet inventaire comme non perspicace ? Qu'est-ce qu'un "vau" normand ? je suppose que vous voulez dire un veau ? Les gens qui naviguent sur ce bateau apprécieront. Tous les bateaux-pilotes n'avaient pas l'élégance de ceux du Havre, de Bristol ou de Cornouille britannique ; dans les petits ports, ils pouvaient remplir plusieurs rôles.
      Merci quand même de me signaler l'oiseau bleu. Je ne suis pas sûr d'avoir des photos de ce bateau. Si j'en ai, je lui consacrerai une fiche.

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