08/12/2009

Le gréement et l'accastillage (3)

Le Gréement courant et son accastillage.
LC'est l'ensemble des cordages qui servent à manoeuvrer les voiles : drisses pour les hisser ; écoutes pour les border ; hale-bas pour tenir la bôme vers le bas, etc. Les bastaques peuvent être considérées comme de manœuvres courantes.
Ces cordages sont parfois en acier, notamment les drisses des grands bateaux ; le plus souvent ils sont en textile.

Certains cordages, sur certains petits bateaux, vont directement d'un point d'une voile ou d'un espar vers les mains de l'équipier, qui parfois les tient constamment en main : c'est parfois le cas des écoutes de foc de petits dériveurs légers.
Mais, presque toujours, les cordages sont tournés autour d'accessoires d'accastillage qui permettent d'en immobiliser momentanément l'extrémité : ces sont surtout des bittes, des taquets et des cabillots. les nœuds doivent être réalisés de façon à bloquer efficacement le cordage, tout en pouvant être très rapidement largués. Ces points de tournage sont nombreux et variés à bord des voiliers.

Deux bittes sur le Belem, et la façon d'y tourner un cordage.

L'accastillage du gaillard d'Amerigo Vespucci : les aussières bâbord sont tournés sur des bittes ; Elles passent par un chaumard (on voit le chaumard symétrique sur tribord) ; elles passent sur des pontets qui les empêchent de frotter sur le pont.

Les mêmes bittes, vues de plus près.

Un chaumard sert à guider des aussières. Ci-dessus, un beau chaumard sur l'Amerigo Vespucci.

Les aussières d'Hasvörnen passent sur des chaumards en inox, puis sont tournés sur des taquets.

Détail des chaumards d'Hasvörnen.

Ci-dessus, un cordage est tourné sur un taquet en bois du yacht Brynhilde.

Les taquets sont nombreux sur le pont du yacht Tuiga.

Ci-dessus, taquets peints en jaune, sur les pavois d'une barque catalane.

Sur le dundée Nébuleuse, ce fort taquet en bois est utilisé pour tourner une écoute de foc.

Ces taquets "à gueule" de Nébuleuse, situés au niveau des haubans de grand mât, servent à tourner les drisses ; celles-ci passent autour de réas placés dans la partie inférieure des taquets.


Détail de la photo précédente, montrant la disposition de 2 taquets.
Les voiliers de course utilisent divers types de taquets coinceurs : des mâchoires à ressorts ou un levier bloquent le cordage et l'empêchent de reprendre du mou.

Le cockpit d'un dragon, par exemple, est équipé de nombreux coinceurs.

Sur les navires, et même sur des bateaux plus petits comme ci-dessous, les cabillots sont placés verticalement dans les trous de pièces de bois appelés râteliers. Ces râteliers se trouvent sur le côté intérieur du pavois ou au pied des mâts.

Cette vue du cotre Enez Koalen montre des taquets, utilisés pour l'amarrage, : 2 sur le plat bord (au premier plan) et un devant le mât. De chaque côté du pied de mât, des râteliers portent des cabillots servant à tourner les drisses.

Ci-dessus, un des râteliers du Belem. Remarquez, sur le pavois, les réas par lesquels passent les cordages avant d'être tournés sur les cabillots.
Sur le trois mâts mexicain Cuauthemoc, ce râtelier et ses cabillots, servant à tourner les cargues, sont dominés par les énormes ridoirs des haubans.

Ci-dessus, un râtelier de pied de mât de l'Amerigo Vespucci.

Les cordages ne suivent généralement pas un trajet rectiligne ; il faut que la force exercée par l'espar ou la voile soit le plus faible possible : cela permet de diminuer le diamètre du cordage et l'équipage a moins d'efforts à faire. Pour cela, il faut des point de renvoi. Dans les cas les plus simples, ce sont des trous (dans le mât ou un espar en bois) dont les parois sont arrondis pour limiter l'usure.

Il peut y avoir aussi des filoires (tubes ou anneaux aux bords arrondis).
Le trou dans l'espar, le mât ou une autre partie du bateau peut être équipé d'un réa : le cordage passe dans la gorge de cette roue et il y a très peu de frottement.

Ci-dessus, détails de réas au pied d'un râtelier de l'Amerigo Vespucci.

Les voiliers, jusqu'au XVIIIème siècle, étaient souvent décorés. Ci-dessus, sur le Batavia, ces 2 blocs de bois ornés de têtes humaines, contiennent des réas. Remarquez aussi la poulie estropée sur la droite, en bas de la photo. Celle-ci est prise en direction de l'arrière du navire.

Souvent, le renvoi est assuré par une poulie, bloc de bois, ou structure métallique ou en plastique, munie d'un réa (poulie simple) ou de 2 ou 3 réas indépendants. Il peut y avoir plusieurs centaines de poulies sur un grand navires. Elles sont fixées sur le pont, sur le pavois, sur les mâts, sur les espars... Elles peuvent être fixées par un anneau ou une manille, parfois par l'intermédiaire d'une potence servant à écarter la poulie.

Ci-dessus, une poulie simple à l'étrave du yacht Tuiga.

Ci-dessus, une poulie triple du palan de grand-voile du yacht Partridge. Elle est estropée, c'est-à-dire entourée d'un cordage qui sert à la suspendre au gui.

Ces poulies sont des répliques de celles du XVIIème siècle ; on peut les voir sur le vaisseau néerlandais Batavia.


Ces poulies high-tech, en alliage ressemblant au cuivre équipent le Class J Shamrock.

Certaines poulies peuvent être associées par 2 ou plus pour former un palan. Un palan permet de réduire la force à exercer sur le cordage. Mais si cette force est divisée par 2 par exemple, la longueur de cordage à manœuvrer est multipliée par 2.
Sur presque tous les voiliers à corne, on trouve un palan d'écoute de grand voile. D'autres palans permettent de hisser plus facilement l'encornat de la corne, ainsi que son pic.

Ci-dessus, la corne de grand-voile du cotre Cap-Sizun : on voit les 2 palans qui servent à la hisser : palan de drisse d'encornat, le long du mât, et palan de pic.

Le palan d'écoute de grand-voile peut être fixé au pont ou au pavois par un fort piton, ou par l'intermédiaire d'une barre métallique.

Cette photo montre comment la poulie d'écoute du dundée Sant C'hireg est reliée à une forte pièce métallique par une manille.
Sur le yacht Cotton Blossom, la poulie d'écoute, et celles des bastaques (de part et d'autre de la barre) sont fixées au pont par l'intermédiaire de pitons vissés dans le pont.

Ici, sur la goélette à trois mâts Kathleen and May, le palan d'écoute d'artimon comprend une poulie double et 2 réas solidement vissés dans la lisse de pavois.

Mais souvent, une main de fer fixée en 2 points au pont ou au pavois assure cette fonction.

Cette photo montre la disposition de la main de fer du ketch Jens Krogh, solidement fixée à la lisse, tout à l'arrière du voilier. La manille peut coulisser le long de la tige métallique, qui peut donc être considérée comme une courte barre d'écoute.

Cette main de fer peut exister chez des bateaux assez petits, comme ici sur Paul-Émile.

Cette vue de l'arrière de Partridge montre le circuit complexe de l'écoute, avec un fort palan central relié au pont par une main de fer.

La disposition est comparable sur Tuiga ; remarquez la longueur du dormant de l'écoute (partie inutilisée quand la bôme est dans l'axe) ; elle est lovée entre les 2 poulies du palan.

Ci-dessus, détail de la main de fer de la grand-voile de la goélette Eleonora.

Sur les bateaux de croisière rapide et les voiliers de course, il y a souvent un rail d'écoute, sur le quel la poulie d'écoute peut être déplacée : le point d'écoute peut ainsi être centré, ou au contraire débordé.

La barre d'écoute du 60 pieds open BT a une forme en demi-cercle autour du cockpit.

Cette photo montre un détail de la barre d'écoute du 60 pieds open DCNS ; 2 poulies par lesquels passe l'écoute (cordage jaune) peuvent être déplacées sur ce rail grâce à des chariots manœuvrés par les bouts gris.

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