10/12/2009

Le pont, ses ouvertures et ses superstructures

Le pont.
Sur un bateau en bois ponté, le pont est supporté par la serre-bauquière et par des poutres transversales : les barrots, appelés autrefois baux. Le terme maître-bau désigne encore l'endroit ou la largeur du bateau est la plus grande. Les bordés situés au-dessus du pont forment le pavois, surmonté de la lisse (ou plat-bord).

Ci-dessus, la gabare Dahl Mad est entièrement pontée ; le plat bord est d'un bleu plus clair que la coque. On remarque sur le pont des superstructures peu élevées peintes en blanc : les roufs (ou roofs). Sur ces roufs se trouvent des capots ouvrants, bleus, encore appelés écoutilles. Le grand rouf du milieu est l'ancien panneau de pont : la gabare est la réplique d'un ancien navire de charge, qui possédait une cale occupant la majeure partie du volume du bateau. On pouvait y charger toute sortes de marchandises, mais l'usage principal a été le transport de sable. Ce grand panneau s'ouvrait entièrement pour permettre le chargement.
Parfois, le pavois est absent (on a vu que la coque et le pont sont assemblé ou soudés au niveau du liston). La coque du voilier est alors plus élégante, mais les risques de chute à la mer sont plus importante.
Cette vue du yacht Cotton Blossom montre cette disposition du pont. On remarque aussi le cockpit, dont le fond est au-dessus de la flottaison.
On peut placer, au-dessus du liston, une fargue ou un cale-pied qui assure une certaine sécurité ; il peut aussi y avoir des cale-pieds en divers endroits du ponts, ainsi que des mains-courantes qu'on peut saisir sur les ponts trop larges et sans appuis.
La fargue est bien visible tout autour du pont de ce yacht (Havsörnen).
Pour un voilier destiné à un usage hauturier, on rajoute souvent des filières, solides câbles métalliques supportées par un balcon avant, un balcon arrière et des chandeliers. Ces aménagements sont fréquents sur les yachts.
Sur l'ancien cotre-pilote Gullmarn, une filière complète un pavois de hauteur modérée.
Comme sur Gullmarn, le pavois du ketch Étoile Polaire est rehaussé de filières ; on les voit ici du pont du voilier.
Ci-dessus, on voit le balcon avant à l'étrave du voilier de course de 60 pieds Artemis , ainsi que les filières qui en partent.
Sur les navires, les filières sont remplacées par un bastingage constitué de tiges métalliques.
L'étrave du Belem est entoure d'un bastingage classique.
Celui qui entoure la dunette du Belem est beaucoup plus original, avec ses balustres blancs et sa rambarde vernie.
Sur le ketch Morvarc'h, le pavois est remplacé par un bastingage en bois dont les balustres ne sont pas sans rappeler celles du Belem...
Un bateau ponté est plus ou moins habitable selon sa taille ; la hauteur sous barrots est la hauteur intérieure minimum, entre un plancher et les barrots situés au-dessus et conditionne l'habitabilité.

Sur cette photo du poste arrière d'un dundée, on distingue bien, au plafond, les barrots qui soutiennent le pont et assurent la rigidité de la coque ; on remarque aussi l'échelle de descente.
Sur les navires, il peut y avoir des ponts intermédiaires ; le faux pont par exemple, a souvent été construit pour séparer une cale très profonde en 2 niveaux habitables.
Il peut aussi y avoir un pont supplémentaire au niveau de l'arrière (la dunette) et au niveau de l'avant (gaillard d'avant) ; voir chapitres sur l'arrière et sur l'avant de la coque.
On voit sur cette image que le trois-mâts Mircea a un gaillard et une dunette caractéristiques, peints en jaune comme les mâts et les vergues.
Les ouvertures dans le pont et les superstructures, parfois très discrètes ou parfois imposantes, permettent de reconnaître les voiliers habitables. Ce sont surtout les écoutilles, les descentes, les roufs, les timoneries, les claires-voies.
Sur cette photo du pont du cotre Cap Sizun, on reconnaît, de l'étrave vers l'arrière : la descente avant ; une claire-voie devant le mât, une autre derrière ; le rouf et la porte de descente arrière.

Les descentes, comme leur nom l'indique, permettent d'entrer à l'intérieur du bateau. Les petits voiliers habitables n'en ont qu'une, à l'arrière, donnant sur le cockpit quand il y en a un. Elles sont en général intégrées à un rouf et comportent une ou quelques marches. Sur les bateaux moyens, il y a une autre descente à l'avant, donnant sur le poste avant où loge l'équipage (la cabine arrière étant le domaine du propriétaire, du patron et des officiers s'il y en a). Si la hauteur habitable de l'intérieur du bateau est importante, la descente comporte une échelle ou un escalier.
Cette photo du pont du dundée Morgatois montre la descente, en avant du mât. Les 2 demi-portes, pivotantes, sont ouvertes. Le panneau d'une écoutille, en arrière du mât, est entrouvert.
Ci-dessus, la descente du dundée Étoile Molène se ferme à l'aide de 2 panneaux de bois qui coulissent verticalement dans 2 glissières : le panneau supérieur a été enlevé. Le panneau inférieur, en place, est séparé du pont par une planche fixe et étanche. Le capot supérieur est coulissant. Cette disposition, très répandue, empêche l'eau de pénétrer à l'intérieur du bateau.
Cette image montre la descente arrière du dundée Nébuleuse vue de l'intérieur : au fond de la coursive assurant la communication entre l'arrière et l'avant du bateau, on remarque l'échelle de descente. Comme elle est assez raide, on doit toujours la descendre à reculons, pour une raison de sécurité. Sur la gauche de la photo (donc sur tribord, puisqu'on regarde vers l'arrière), les entrées des couchettes ; sur la droite, l'entrée de la salle des machines.
Les roufs sont des constructions souvent parallélépipédiques sur les navires : on les appelle alors deckhouse, ce qui se traduit par maison de pont : Il s'agit alors de locaux habitables indépendants du reste du bateau , auxquels des portes étanches et à base surélevée permettent d'accéder.
Ci-dessus, un exemple de rouf (deckhouse) sur la goélette à trois mâts Marité.
Ci-dessus, l'intérieur d'un rouf du Belem (le carré des officiers).
Sur les grands voiliers d'autrefois, la cuisine était souvent le seul rouf.
Il existe aussi des roufs beaucoup plus bas, dont le rôle est d'augmenter la hauteur intérieur du bateau. Le "toit" des roufs est souvent percé de panneaux vitrés ou de claires-voies assurant l'éclairage de l'intérieur tandis que les parois latérales peuvent être percées de hublots ou d'ouvertures vitrées rectangulaires.
Sur cette vue nocturne, depuis le carré du dundée Nébuleuse, on voit un panneau vitré qui peut s'ouvrir en coulissant vers l'arrière. Il occupe en fait la position de lu panneau de l'ancienne cale à poissons de cet ancien thonier ; cale qui a été transformée en lieu de vie principal du navire.
Au premier plan, sur le pont de l'Étoile Polaire, on voit une claire-voie, qui peut être entr'ouverte pour l'aération. Les vitres sont protégées contre les chocs par une armature métallique.
La claire-voie de la cabine arrière du dundée Vieux Copain, vue de l'intérieur.
Sur les bateaux petits ou moyens, le rouf est une surélévation allongée, qui donne davantage de hauteur sous barrots mais ne constitue pas une construction séparée.
Le sloop Orana possède un rouf discret en bois verni , typique des yachts "classiques". Il augmente la hauteur sous barrots ; sur ses côtés, des hublots assurent l'éclairage de la cabine.
Ci-dessus, un petit voilier de plaisance (de la série kelt 5,50) possède un rouf sans lequel la cabine aurait une hauteur "sous barrots" bien faible. A noter qu'on continue à employer cette expression bien qu'il ny ait pas de barrots dans un bateau en polyester.
Le rouf du ketch Provident est caractéristique , il apporte beaucoup de lumière à l'intérieur du voilier.
Le rouf d'un bateau de course moderne (ici, BT) se prolonge, au-dessus du cockpit, par une casquette, qui offre une protection relative au barreur contre les paquets de mer. Ceux ci s'évacuent facilement grâce aux larges ouvertures dans la paroi arrière du cockpit. On remarquera aussi, au dessus de la casquette, une bulle en plexiglas qui permet au navigateur de voir ses voiles sans être obligé de sortir sur le pont.
Un cas particulier de rouf ou de deckhouse est la chambre de veille, ou chambre des cartes, situé sur la dunette près de la barre. On y trouve les cartes et leur table, bien sûr, mais aussi les instruments de navigation sensibles à l'humidité, la radio, le radar, etc...
Sur cette image de la goélette à trois mâts Hendrika Bartelds, on voit la chambre de veille, en bois verni, juste devant la barre. Plus en avant, un rouf occupe toute la largeur du navire. En avant encore, un deckhouse laisse des passavants de chaque côté et est recouvert d'un spardeck.
Ci-dessus, la dunette du Belem est vue du spardeck. La chambre de veille est placée juste derrière le mât d'artimon et devant la barre.
La chambre de veille peut être remplacée par une timonerie abritée, où se trouvent les instruments de navigation, la table à cartes et aussi la barre.
La timonerie du dundée Le Morgatois, située juste devant le mât de tapecul, est typique des bateaux de pêche de années 1945 à 1970 (sardiniers, chalutiers, thoniers). Ces bateaux, d'abord à voiles et à moteur, ont rapidement perdu leurs voiles.
Ci-dessus un détail de la timonerie du Morgatois. La partie arrière abrite la descente et sert de penderie à cirés.
Sur les grands voiliers, cela ressemble alors à la timonerie d'un navire à moteur, mais le toit est souvent vitré pour avoir la vue sur les voiles.
La grande timonerie du Kruzenshtern gâche quelque peu la silhouette du magnifique cap-hornier qu'il était autrefois. mais le navire y gagne en confort...
Sur des bateaux petits et moyens un rouf de hauteur réduite peut être surélevé par une petite construction, qui permet de se tenir debout mais est peu esthétique comme l'indique son nom : dog-house (autrement dit, niche à chien).
Le dog-house blanc posé sur le pont de ce vieux lougre anglais de Cornouailles n'est sans doute pas d'origine...
Deux dog-houses pour ce yacht britannique, Cruinneag III.
Au-dessus du pont principal, il peut y avoir un pont supérieur : le spardeck. Il est soutenu par des "poutres" verticales, d'où son nom (spar peut être traduit par espar). Il est partiellement soutenu par un rouf, dont il constitue le toit. Il est généralement au même niveau que la dunette et que le gaillard, quant ils existent., et leur est parfois réuni par des passerelles. Sur le Belem, par exemple, une passerelle permet de passer du spardeck au gaillard ; mais il faut descendre sur le pont principal pour aller du spardeck à la dunette.
Ci-dessus, le deckhouse et le spardeck de Hendrika Bartelds est vu de 3/4 avant ; on distingue les poutres blanches qui soutiennent extérieurement le spardeck. Sur celui-ci sont placés les radeaux de survie : c'est en effet le dernier endroit qui flotterait en cas de naufrage.

Ci-dessus, le spardeck du Belem est vu de la vergue de grand-voile. En haut de l'image, on voit le gaillard d'avant et on remarque la passerelle, à bâbord du mât de misaine, qui permet de passer du spardeck au gaillard. On remarque aussi les claires-voies qui éclairent le grand rouf et le rouf des officiers, situées sous le spardeck.

Sur les bateaux possédant une barre à roue, le mécanisme de la barre peut se trouver sous le pont ; dans ce cas, la roue est portée par une colonne de barre.
Ci-dessus, la barre et sa colonne rutilantes du 12 mètre J Seven Seas of Porto.

Le mécanisme de barre peut aussi se trouver dans un rouf ou sous la timonerie.

Cette vue du pont du dundée Nébuleuse montre la position de la barre à roue, à gauche de la descente arrière. Le mécanisme de la barre se trouve juste devant la roue, dans le rouf et en-dessous. Remarquer aussi le petit rouf dont la claire-voie, peut s'entrouvrir : elle éclaire la cuisine et en permet l'aération.

Ce mécanisme de barre est parfois contenu dans un petit rouf indépendant qu'on appelle la tortue.

Ci-dessus, la tortue et la barre du ketch danois Jens Krogh.

La tortue et la barre du trois-mâts Sagres sont de taille impressionnante ; remarquez les bancs de quart de chaque côté. Le poste de barre est situé derrière un rouf qui cache totalement la visibilité. Aussi, ce navire possède-t-il un autre poste de barre, devant ce rouf et couplé avec la barre qu'on voit ici.

Chaque navire possède une tortue caractéristique ; ici, sur celle du Sörlandet est écrit le nom du navire.Et voici la tortue du Belem, très belle elle aussi. Remarquez les caillebotis surélevés sur lequel le barreur pose les pieds, ce qui lui permet une visibilité acceptable vers l'avant (à travers les vitres de la chambre de veille, néanmoins).

1 commentaire:

  1. mersea.... beaucoup pour cette magnifique mine aurifère, elle peut ravir les modélistes dont je suis .

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